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MessagePosté: 17 Déc 2015, 14:41 
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Antichrist
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Dans une Amérique profondément sauvage, le trappeur Hugh Glass est sévèrement blessé et laissé pour mort par un traître de son équipe, John Fitzgerald. Avec sa seule volonté pour unique arme, Glass doit affronter un environnement hostile, un hiver brutal et des tribus guerrières, dans une inexorable lutte pour sa survie, portée par un intense désir de vengeance.

La première demi-heure est à l'image de la bande-annonce: extraordinaire. On a l'impression d'être un trappeur chassé par les indiens, d'affronter un grizzli à mains nues puis d'agoniser.
Hélas, il reste encore 1h45 de film. D'un survival magnifié par la nature mais dont le scénario accuse le coup - on sent les problèmes post-production. Inarritu en rajoute, surligne le propos, nous place des indiens quand ça l'arrange, façon deus ex machina.
La mise en scène est toujours classe, mais ça ne m'a jamais vraiment ému.

Leo mange cru tout ce qui lui tombe dans le bec, Hardy est incompréhensible comme d'hab.

3-4/6 et une belle déception

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MessagePosté: 17 Déc 2015, 14:43 
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Ouais ça a l'air d'être le ressenti général. Dommage.
J'irai le voir en salle quand même, rien que pour la photo.

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MessagePosté: 17 Déc 2015, 21:06 
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Citation:
Hélas, il reste encore 1h45 de film


J'avais une crainte majeure c'était la durée. Ton ressenti ne fait que confirmer ma peur!
Heureusement qu'il y aura la photo de Chivo et DiCaprio.


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MessagePosté: 18 Déc 2015, 00:58 
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Je ne me réjouirais jamais assez de la rencontre entre Alejandro Gonzalez Iñárritu et Emmanuel Lubezki.

Rodrigo Prieto est une excellent directeur de la photographie et il a fait de très belles choses avec Iñárritu mais les expériences auxquelles le cinéaste s'adonnent depuis qu'il a changé de chef opérateur me parlent davantage, même s'il revient au genre de parcours doloriste qui pouvait se faire lourd dans ses films choraux, abandonnant la comédie et donc la légèreté salutaire de Birdman.

Toutefois, si l'on exclue les flashbacks/visions oniriques de la femme du protagoniste qui tendent à se faire redondants à la longue, l'épure scénaristique de The Revenant, laissant parler la mise en image encore plus que pour le précédent Iñárritu, permet d'éviter la surcharge dramatique.

Et quelle mise en image...

The Revenant, c'est un peu comme si Terrence Malick avait réalisé Le Territoire des loups.

Iñárritu est parti chercher non seulement le chef opérateur des quatre derniers Malick mais aussi son chef décorateur, sa costumière et même sa directrice de casting! La démarche n'a rien d'étonnant tant le film s'apparente à un Nouveau monde bourrin, comme un reflet violent du poème de Malick. Ici aussi, la nature est un personnage à part entière mais il n'est nullement question de symbiose. Chez Malick, on n'est dans l'empathie. Chez Iñárritu, la nature est comme celle de l'homme : meurtrière.

Tourné en lumière naturelle avec la nouvelle Alexa, caméra numérique 65mm, The Revenant est une merveille de tous les instants. Mais si les images sont sublimes, la nature, elle n'est jamais sublimée. Qu'il s'agisse des reflets glaciaux des cours d'eau, des masses sombres d'arbres ou de cette neige qui recouvre tout, la forêt d'Iñárritu et Lubezki n'a rien d'enchanteresse. Elle sert davantage de limbes aux personnages du film, condamnés dès le début, et au périple du "revenant" du titre.

The Revenant mêle le survival et le revenge movie et c'est en faisant du second le moteur du premier qu'Iñárritu trouve un anglet d'attaque différent et tisse une étude de la vengeance sur le fond d'un troisième genre, le western, étant donné qu'il prend comme décor le Dakota de 1823, encore peuplé de tribus indiennes. Trouver de quoi panser ses plaies, de quoi se nourrir, comment échapper aux prédateurs, on connaît ces étapes obligées mais on n'est pas dans Cast Away. Du film de Robert Zemeckis à Gravity, le survival a toujours été empreint de mélancolie mais reste animé par une profonde envie de vivre. Même Le Territoire des loups, avec son propos sur le deuil, est l'histoire d'un mec qui se bat pour sa survie. Hugh Glass ne se bat pas pour sa survie, il survit pour se battre.

Dans cette forêt hantée, Glass est un spectre. Tel un fantôme, c'est un esprit désireux de résoudre son unfinished business. Laissé pour mort, il revient à la vie dans un seul but : la vengeance. Est-ce là une manière de vivre? Est-ce le droit de l'Homme? En parallèle, Iñárritu raconte également le désir de vengeance des indiens d'Amérique, trahis, volés, dépossédés de leur terre, unissant ainsi la quête personnelle, intime, de son protagoniste, au sanglant plaidoyer d'un peuple. Entre l'attaque sur un camp de trappeurs ou celle d'un ours sur le héros, le film retourne l'opprimé et la nature contre son oppresseur, justifiant la forme ostentatoire de ces hallucinantes séquences par leur capacité immersive.

Pas de plan-séquence à proprement parler mais beaucoup de longs plans continus qui rappellent le travail de Lubezki chez Alfonso Cuaron, proposant une immersion pas loin de la réalité virtuelle. À la plongée dans le chaos d'un massacre proféré par les indiens succède une séquence qui ressemble à un crossover entre L'Ours et Irréversible. La force de frappe du film est sans concessions. C'est pourquoi il est dommage que les longueurs du film - qui fait 2h36, soit le plus long Iñárritu - diluent ces morceaux de bravoure. Mais la fin est parfaite.

Sans doute un peu trop froid, The Revenant demeure un exercice de style macabre formellement à tomber.

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MessagePosté: 18 Déc 2015, 01:44 
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Quand vous parlez du film, ça me fait penser au sublime Skolimowski Essential Killing avec Vincent Gallo. Vous le placez comment par rapport au film du cinéaste polonais?


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MessagePosté: 18 Déc 2015, 01:50 
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Pas vu.

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MessagePosté: 18 Déc 2015, 10:06 
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Abyssin a écrit:
Quand vous parlez du film, ça me fait penser au sublime Skolimowski Essential Killing avec Vincent Gallo.

Oui, formidable film.....!! Un des meilleurs "survivals" que j'aie pu voir.

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 18 Déc 2015, 10:14 
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J'avais été relativement déçu, pas du tout le survival brutal que j'attendais.

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MessagePosté: 18 Déc 2015, 10:36 
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Art Core a écrit:
J'avais été relativement déçu, pas du tout le survival brutal que j'attendais.

C'est pas forcément brutal, mais extrêmement "sensoriel" grâce à son réalisme de ouf.

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Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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MessagePosté: 18 Déc 2015, 10:38 
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Bizarrement j'en ai plus beaucoup de souvenirs, à part des flash-backs hyper maladroits.

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MessagePosté: 18 Déc 2015, 10:44 
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Art Core a écrit:
Bizarrement j'en ai plus beaucoup de souvenirs, à part des flash-backs hyper maladroits.

Ah oui les flashbacks ça n'allait pas, c'est vrai.

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MessagePosté: 15 Fév 2016, 16:38 
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Enfin vu... Et je rejoins complètement Freak.

Spectacle incroyable, époustouflant, à tomber.
Et puis je m'attendais à un survival avec Léo qui en chie tout seul pendant deux heures, j'ai eu mieux: un grand Western polaire qui lie la grande Histoire à la petite, qui interroge la nature humaine.
C'est en effet un peu trop glacial pour m'émouvoir ou m'emporter totalement, mais j'ai pris mon pied non stop et ça reste, au-delà du spectacle virtuose, un film qui marque. Fond et forme ne font qu'un.

5/6

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MessagePosté: 15 Fév 2016, 17:51 
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Mon avis est quelque part entre celui de Karloff et celui de FF.

Oui la première heure est incroyable (d'ailleurs ça doit etre la plus belle scène de bataille depuis ... Ryan?), mais effectivement toute la deuxième moitié va de deus ex en surenchère dans le pas de bol. La fin serait belle si les flashbacks marchaient, mais en l'état c'est de l'onirisme new age indien un peu bateau (et la référence à Holy Mountain est presque bizarre). D'ailleurs je trouve le personnage de Hugh Glass traité assez lourdement
(sa femme indienne magnifique dont il est amoureux, le fils, les flasbacks. Ca va on a compris que c'était un gentil)
.
Dommage.
Dommage parce que toutes les performances sont au poil. Tom Hardy au top de sa psychopathie, Leo encore original dans la grimace, etc .. . Et la nature est vraiment filmée dans toute sa dureté. On ne force pas l'onirisme religieux comme chez Malick.

J'ai préféré Birdman.


Dernière édition par flatclem le 15 Fév 2016, 17:53, édité 1 fois.

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MessagePosté: 15 Fév 2016, 17:53 
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Abyssin a écrit:
Quand vous parlez du film, ça me fait penser au sublime Skolimowski Essential Killing avec Vincent Gallo. Vous le placez comment par rapport au film du cinéaste polonais?


Effectivement il y a de ça. Mais c'est presque la partie la moins interessante de The Revenant en fait.


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MessagePosté: 24 Fév 2016, 13:25 
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The Revenant by Tarkovsky.

Pas mal. Voulu ou imprégnation ?


https://www.youtube.com/watch?v=cpcdhNq_VPM


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