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MessagePosté: 17 Fév 2018, 22:44 
Début des années 50. Reynolds Woodcock est le couturier emblématique de la bonne société londonienne. Introverti, intransigeant, passionné, aussi méticuleux que rêveur, c'est un homme marqué à vie par le souvenir de sa mère. Mais il est aussi particulièrement obsessionnel, avide de reconnaissance et imbu de lui-même. Un profil "pas facile", qui séduit pourtant souvent ses modèles.
Il est couvé et protégé par sa soeur Cyril, qui lui est entièrement dévouée - dans une relation qui évoque un mariage morganatique - et qui assure le bon fonctionnement économique de sa maison; Cyril lisse les rapports de Reynolds avec le monde extérieur, et recueille ses confidences. Cyclothymique, Reynolds est en crise suite à un défilé important et une rupture (les deux allant visiblement souvent de pair). Il part se ressourcer dans une station balnéaire, et rencontre dans un restaurant Alma, une jolie serveuse qui semble venir d'Europe centrale. Il parvient à la séduire, elle qui est tout le contraire de Reynolds : gauche, généreuse, mais aussi secrète. D'abord méfiante, sentant néanmoins que leurs fêlures profondes se ressemblent, Alma se prête au jeu de Reynolds qui veut en faire son égérie. Mais rentrer dans la vie de Reynolds c'est aussi rentrer dans celles de sa maison de couture, à l'image de marque rigide, et du couple déjà formé depuis longtemps par le frère et le soeur...


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Personne pour créer un sujet sur le dernier Paul Thomas Anderson ?
Il est vrai que c'est un film moins flamboyant que "the Master" ou "Inherent Vice", et qui plus est, inscrit dans un environnement plus daté que les années 70 ou l'après-guerrre américain, même si on sent quelques constantes personnelles et formelles (le couple est en fait assez proche de celui d'Inherent Vice, Vicky Krieps ressemble d'ailleurs énormément à Katherine Waterston. dans les deux cas la configuration oppose/relie un acteur reconnu à une actrice peu en vue, qui lui donne néanmoins la réplique en égale. La scène du Nouvel An ressemble à celle de la cène psychédélique dans Inherent Vice) ainsi qu'une résonnance avec l'époque. La thématique du film transforme l'affirmation féminine en stratégie d'"empowerment" que les liens amoureux compliquent. L'opposition entre le démiurge et sa muse rappelle beaucoup aussi beaucoup le dernier Aronofsky, les deux films organisent aussi la lutte sexuelle au sein d'une maison-panoptique/pandémonium.

J'ai un avis assez difficile à exprimer sur ce film, dont je ne sais pas si je l'ai aimé ou pas, ni même ne suis très sûr de ce que j'ai vu
j'ai l'impression qu'à la fin du film, Alma a en fait tué Reynolds, et les images sont le fantasme -équivalent, mais aussi opposé à un remord- de la vie idéale qu'elle aurait pu avoir avec lui. Je vois mal Reynolds faire facilement un enfant. D'autre part le dispositif du film est quand-même un flash-back central où elle se confie d'abord au médecin -et amant potentiel - dans une logique qui semble policière, comme si celui-ci cherchait à comprendre pourquoi elle s'est faite empoisonneuse, dans une sorte de pacte érotique partiellement consenti par la victime
.

Le personnage de Reynolds est une sorte de Jean Cocteau hétéro qui bouffe tout l'arrière plan d'époque, pourtant méticuleusement reconstruit, mais en le vidant de ses enjeux.
A vrai dire le film dans son ensemble n'a peut-être pas d'enjeu fort. Il commence comme une ode à l'amour fou et finit sur une allégorie beaucoup plus plan-plan du couple (mais l'amour fou étant peut-être justement un concept bourgeois par excellence, l'ambiguïté du film n'est pas un tort), nécessitant un équilibre précaire entre respect et une certaine dose de perversité (presque chabrolienne, mais aussi plus pronfondément sirkienne et fassbinderienne, qui la montrent comme constitutive du désir et du goût pour l'autre).
Mais Anderson n'a pas de regard critique sur cette perversité de l'environnement montré, ni n'en fait elle-même l'élément d'une critique possible. La perversité n'est pas l'effet d'une idéologie ou d'une "structure" cachée et refouée, mais au contraire une quête indviduelle, quasi-religieuse, un objet introuvable qui permet de "bien fonctionner" quand elle est bien cernée. Cette perversité est finalement une initiation permamente et l'opposé de la douleur, vue quant-à elle comme l'ordre nécessaire et désinteressé du monde. L'idée du film étant que tout couple a besoin de passages plus ou moins "what the fuck" pour tenir. Il y a un effet "tout ça pour ça"...

La fin passe mieux que le début. J'ai failli sortir au bout d'une heure. La mise en scène me sembait trop bien réglée, faisant une sorte d'apologie matérielle et beaucoup trop systématique de l'obsession du personnage central. Elle est aussi sacrément directrice : musiquette, volontairement anodine, de piano-bar de Jon Greenwoord qui ne s'interrompt que dans la dispute centrale. Mise au premier plan sonore des bruits du repas justifiant les sautes d'humeur de Reynolds contre la vulgarité calculée d'Alma, surlignant la situation. Il y a aussi quelques facilités dans la conduite du récit
la soeur, prototype de la vieille fille en souffrance, qui se trouve soudainement affublée d'un prétendant bedonnant au détour d'un plan au moment opportun, ce qui explique un peu trop vite que l'affrontement redouté avec Alma n'aura pas lieu.

Mais à partir du moment où Alma se "rebiffe" (et reconquiert en fait Reynolds ), le film devient plus intéressant (et la musique de Greenwood meilleure). Ce qui m'a plus touché dans le film est
l'évolution de la soeur, pour moi le plus beau personnage du film, qui se révèle finalement très humaine, bascule discrètement du côté d'Alma, et est la seule consciente du rôle joué par les ouvrières dans le succès matériel, d'ailleurs de plus en plus menacé, de son frère
.
Le film est par ailleurs, conceptuellement intéressant car tenant sur un long flashback porté à partir d'une situation complètement impossible
Alma bascule dans le même plan d'une situation où elle se confie au médecin à une déclaration d'amour à Reynolds endormi sur sa cuisse, c'est ce même aspect irréel qui permet l'apparition de la mère
, identifiant l'extériorité objective d'une sorte de cure psychanalytique et de la mémoire à l'imaginaire lui-même (la conscience de soi des personnages est montrée comme le centre rayonnant du récit, mais sans avoir elle-même lieu, seules les conséquences sont réelles).
Cela dit, même s'il n'est pas sans drôlerie, cela reste un film très froid. J'avais été bien plus touché et troublé par Rachel Weisz dans "the Deep Blue Sea" de Terence Davie il y a quelques années, moins prétentieux, mais aussi plus élégant et chaleureux, tout en plongeant le spectateur dans une histoire et un contexte fort proches, ou bien par Effi Briest de Fassbinder (Vicky Krieps, rappelle également beaucoup Hanna Schygulla dans le Fassbinder).


3/6 (en fait, la même appréciation "chèvre-choutiste" que je donnerais à tous les films de PTA que j'ai vus)


Dernière édition par Gontrand le 06 Mar 2018, 18:50, édité 19 fois.

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MessagePosté: 18 Fév 2018, 00:08 
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Citation:
Il est vrai que c'est un film moins flamboyant que "the Master" ou "Inherent Vice",


J'ai arrêté là, j'irai pas et je ferme l'onglet de ce topic.

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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:14 
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Bon j'en sors et un peu tard pour écrire en longueur dessus.
Je vais laisser mûrir pour savoir si c'est son meilleur film mais en tout cas c'est ce que PTA a filmé de plus cinglé. Histoire d'amour obsessionnelle parsemée de grands moments de cinéma.

@Deudtens : Par flamboyant, je pense que Gontrand voulait faire allusion au caractère froid et tout en retenue du film. Là on est plus dans un film à la folie et tension intérieures (comme There Will be blood) qu'une oeuvre qui joue sur l'outrance comme Inhérent vice.


Dernière édition par Abyssin le 19 Fév 2018, 22:28, édité 1 fois.

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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:21 
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Abyssin a écrit:
Je vais laisser mûrir pour savoir si c'est mon meilleur film

Je vais t’aider : ce n’est pas ton meilleur film.


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:28 
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Merci ;)
Fucking correcteur orthographique de Mac à qui je fais trop confiance. Tiens je vais me faire une omelette aux champignons.


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:29 
Malheureusement après avoir vu Ossessione de Visconti le lendemain (qui possède à peu près la même durée, déjà longue pour aujourd'hui, encore plus en 1942), le PTA souffre beaucoup de la comparaison en ce qui concerne la folie, le rythme et la justesse dans la représentation de l'amour comme délire froid et lent.

The Phantom Thread
m'a fait finalement la même impression que "the Lost City of Z." de Gray (même si j'ai mieux aimé le PTA, alors que pourtant James Gray me touche plus que Paul Thomas Anderson) : la mise en scène est complètement identifiée à la psychanalyse d'une obsession individuelle. Cette fibre psychanalytique est devenue une posture de repli contre une perte de foi dans la capacité du cinéma à être un spectacle "collectif", la démarche d'analyse est elle-même un refuge ou une consolation.

Ce deux films appellent la reconnaissance des spectateurs dans les sujets de la fiction ( le film se termine quand cette reconnaissance a fini par épuiser les personnages), comme si le genre cinéma était lui-même un "cas". "Ossessione" allait au contraire dans la direction opposée : les personnages, sont des épreuves qui revèlent le spectateur (et son rapport à l'époque) à lui-même (d'ailleurs on trouve beaucoup de travelling arrières dans le Visconti, qui démarrent d'abord lentement à la fin des plans puis se déploient brutalement dans le hors-champ), l'inconscience des personnages correspond exactement aux complexes du spectateur réel.


Dernière édition par Gontrand le 19 Fév 2018, 23:06, édité 5 fois.

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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:40 
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Gontrand a écrit:
Malheureusement après avoir vu Ossessione de Visconti le lendemain (qui possède à peu près la même durée, déjà longue pour aujourd'hui, encore plus en 1942), ..

The Phantom Thread
m'a fait finalement la même impression que "the Lost City of Z." de Gray (même si j'ai mieux aimé le PTA, alors que pourtant James Gray me touche plus que Paul Thomas Anderson)
Sans jouer la provoc, je trouve même que le film aurait dû avoir 20 minutes de plus dans sa seconde partie.
Le Gray étant mon film favori de l'an dernier, je comprends nos avis opposés (bon je développerais le mien plus tard, l'horloge tourne).


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:43 
Non non, je sais que tu le défends pour de bonnes raisons et de bonne foi.
Oui moi aussi, je pense qu'il manque quelques minutes après
le coup de l'omelette, qui fait un peu Inspecteur Barnaby, j'ai aussi l'impression que la première maladie de Reynods n'est pas un empoisonnement mais est réelle, contrairement à ce que disent les Cahiers, et aurais aimé que le film dissipe le doute. Ils imputent à une sorte de perversité féminine ou en tout cas de calcul un accident du destin
, j'aurais voulu rester un peu plus avec les personnages.


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:54 
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Gontrand a écrit:
Non non, je sais que tu le défends pour de bonnes raisons et de bonne foi.
Oui moi aussi, je pense qu'il manque quelques minutes après
le coup de l'omelette, qui fait un peu Inspecteur Barnaby, j'ai aussi l'impression que la première maladie de Reynods n'est pas un empoisonnement mais est réelle, contrairement à ce que disent les Cahiers, et aurais aimé que le film dissipe le doute. Ils imputent à une sorte de perversité féminine ou en tout cas de calcul un accident du destin
, j'aurais voulu rester un peu plus avec les personnages.


Ah mais je ne dis pas que tu ne m'accusais de mauvaise fois mais vu nos avis sur le Gray, le fait qu'on différent sur celui-ci est parfaitement logique.
Sur ton spoiler
Euh non il n'y a vraiment aucun doute pour ma part vu qu'on la voit préparer le poison avant
Par contre oui le film manque de 15-20 minutes, le déroulement est un tout petit peu trop rapide dans la seconde moitié.


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 22:56 
dans mon souvenir, mais je n'en suis pas sûr, elle trouve le livre entre les deux repas ? Il n'y a pas non plus de scènes de cueillette dans la première partie du film. Elle est "innocente" dans la mesure où elle réproduit artificiellement quelque chose de naturel, pour un effet annexe et inconscient. C'est d'ailleurs un peu l'analyse de la sorcellerie par Michelet.


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 23:21 
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Gontrand a écrit:
dans mon souvenir, mais je n'en suis pas sûr, elle trouve le livre entre les deux repas ? Il n'y a pas non plus de scènes de cueillette dans la première partie du film. Elle est "innocente" dans la mesure où elle réproduit artificiellement quelque chose de naturel, pour un effet annexe et inconscient. C'est d'ailleurs un peu l'analyse de la sorcellerie par Michelet.


pour te répondre non. Tu as dû t'endormir ;)
Sur ce point le scénario ne fait pas d'erreur


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MessagePosté: 19 Fév 2018, 23:25 
Sinon la salle était composée à 70 % (un samedi après-midi il est vrai) de dames de 65-75 ans qui doivent aimer les émissions de Stéphane Bern voire Frédéric Mitterrand, sans en être non plus tout à fait dupe (j'ai rien contre elles, c'est aussi le public de Terence Davies). Je peux me tromper mais je n'ai pas l'impression qu'elles avaient découvert le cinéaste avec Boogie Night. Le public s'est réveillé dans les scènes en Suisse :mrgreen:

(par contre pas mal d'entre eux étaient sur leur portable sur le mode "personne me voit, ça gène personne")


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MessagePosté: 20 Fév 2018, 09:20 
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Bon mûri une nuit et c'est pour moi le meilleur film de Paul Thomas Anderson avec There will be blood. Il va encore agacer certains qui vont lui reprocher sa maitrise extreme mais rarement le cinéaste serait arrivé à des scènes aussi folles et devant cette apparente froideur des premiers instants je trouve le film déchirant dans ce qu'il raconte. Il faut mieux arriver dans la salle en ne sachant rien de l'histoire pour être mieux cueilli par ce qui va se passer sous nos yeux. Si on devait résumer le pitch, ça serait l'histoire d'un styliste des années 50, créateur de robes pour nobles et princesses, qui vit son travail comme un art et impose un amour toxique à ses muses.

Faussement classique, le film diffuse petit à petit un charme vénéneux et interroge de manière brillante les rapports de force au sein d'un couple. Bien plus que cela, le film est une des plus belles histoires d'amour sado-masochiste du septième art qui à travers les névroses de son couple arrive à un résultat étrange et unique. Derrière cette apparente maitrise, le film libère ses personnages et on assiste à un corps à corps fascinant qui accouche de gros morceaux de cinéma. Je vous en laisserais la surprise mais il suffit d'un regard, d'une expression corporelle pour assister à une scène d'une cruauté sans nom.

Comme dans The Master, il s'agit de l'histoire d'un trio entre le styliste génial mais autiste, sa soeur toute dévouée à la réussite de son frère et cette muse qui refuse de se laisser détruire comme ses précédentes et se décide à posséder cet artiste pour le faire sien. A ce titre la fin est très belle dans son extrémité et conclut parfaitement ce récit qui est le plus transgressif de son auteur. Certains vont encore reprocher à Paul Thomas Anderson sa mise en scène ultra stylisée mais moi je la trouve merveilleuse et au service de son récit. La maison filmée en espaces étroits avec une blancheur cadavérique (superbe photographie) accompagnée de la superbe BO de Johnny Greenwood qui campe à elle seule l'atmosphère vénéneuse du film. PTA touche quasiment à l'épure mais construit un écrin d'une puissance fabuleuse pour le psychodrame qui va se dérouler sous nos yeux.

Alors oui Daniel Day-Lewis est comme souvent génial mais le film ne serait rien sans la fabuleuse Vicky Krieps qui lui fait face. Le film est l'histoire d'un duel et l'Alma qu'elle campe répond parfaitement à l'acteur britannique. Etonnante trouvaille de PTA, l'actrice est une révélation. Même si Phantom Thread atteint des cîmes cinématographiques, il manque de peu le statut de chef d'oeuvre ultime, le seul reproche qu'on pourrait lui faire est qu'il manque peut-être 10 minutes dans le déroulement de la fin qui lui aurait encore donner plus d'ampleur mais c'est assurément un des plus beaux gestes cinématographiques de cette année.

5,5/6


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MessagePosté: 20 Fév 2018, 20:35 
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Le cinéma d'Anderson ne me parle pas des masses et la bande-annonce de celui-ci me faisait l'effet d'une piscine sur un zgeg.

C'est pourquoi j'ai été agréablement surpris par un premier tiers aussi séduisant que son personnage idiosyncratique, prêt à rougir comme la touchante Alma (la technique de "je garde la commande" c'est Ultimate BG), et réceptif à toute la charge érotique et symbolique contenue dans ces invectives dominantes et ces gros plans sur des femmes qu'on habille plutôt que déshabille.

Et puis, très vite, le récit se fait convenu, enchaînant les passages attendus, en précipitant d'autres, me détachant de ses deux protagonistes de plus en plus antipathiques, et l'écriture se fait moins subtile (#mommyissues)et la forme moins impressionnante (même si ce 70mm au grain qui fourmille de chaque parcelle de l'image me titille tout le long) jusqu'à ce que le seul fantôme présent soit celui de mon intérêt.

Et si je trouve l'idée de la fin belle sur le papier, je trouve sa "déviance" bien trop fabriquée pour être crédible.

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MessagePosté: 20 Fév 2018, 21:22 
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Film Freak a écrit:
(même si ce 70mm au grain qui fourmille de chaque parcelle de l'image me titille tout le long)

Je ne sais pas si tu as vu une copie gonflée en 70 mais le film a été tourné en 35.


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