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MessagePosté: 26 Avr 2019, 16:31 
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Non je trouve ça légitime de critiquer les aspects rétrogrades d'un cinéma qu'on associe souvent à un certain progressisme. Alors, certes, ce n'est pas le rôle du cinéma d'édifier moralement, et Jerzy ne dit pas le contraire en affirmant qu'un film comme La peau douce, en dépit de sa misogynie, reste un film compte malgré tout parmi ses préférés.
Le but du message initial était de dire qu'il y avait eu évolution dans son appréciation des films, notamment a cause de cet aspect. Pas inintéressant non ? même si on n'est pas forcé d'être d'accord.

Moi ce que je constate, c'est que des schémas de domination masculine se sont perpétués de manière insidieuse dans un cinéma qui se voulait avant-gardistd et une société plus libre au niveau des moeurs mais que le cinéma classique américain par exemple met souvent en scène des rapports plus sains, égalitaires, peut-être idéalisés entre des personnages masculins et féminins.
La mélancolie désabusée de Godard dans Masculin-Féminin consiste peut-être à faire le constat de cette puerilité qui vient avec la libération des moeurs, pop culture et consommation de masse - en un mot le post-modernisme.
De toute façon entre Rohmer, Rivette, Truffaut (pote avec Rebatet), même Godard parfois, il ne serait pas dur d'en faire des cinéastes réacs si on voulait en faire la démonstration.


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 16:38 
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Pour moi il y a une dialectique et une limite interne au progressisme sur laquelle on achoppe tous, que vous avez tendance à décrire comme une tromperie intentionnelle, ce qui disqualifie tout le domaine de l'esthétique ; forcément "complice" de cette supposée tromperie, car le propre de la période 1890-1970 est justement de l'avoir transformée en contenu artistique (on retrouve cette finitude et cette identification de l'impuissance politique à un désarroi ontologique chez Flaubert, Jarry, Beckett, voire Edith Wharton, mais moins chez Balzac ou Tolstoï où il ya certe de la douleur et de l'absurde mais un personnage prolonge souvent un sens une situation auquel l'autre a renoncé).


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 16:50 
Avec gontrand, on apprend réellement le sens du mot révisionnisme sous l'aspect de déformation instantanée et permanente de ce que dit l'autre.

La malveillance et même la malfaisance inouïe, obsessionnelle, au fondement de ses paralogismes épuisants quand il se fixe pour mission de m'administrer mon poison, ce qui semble son carburant énergétique mais énergivore pour autrui, je les expérimente depuis plus d'une décennie.

Tout ce temps perdu à répondre à une sangsue jamais rassasiée. Car la bêtise insiste toujours.
Il faudrait l'imaginer heureux, si on se surprend à penser à l'homme qu'il doit être, ce qui pour ma santé ne m'arrive presque jamais.


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 16:52 
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Non mais c'est une vraie question, si la misogynie est consubstantielle au cinéma, et l'inerve de part en part, en quoi celle de Truffaut est plus répréhensible qu'une autre et mériterais un procès ? S'agît-il de faire un exemple, ou de clouer un corbeau à une porte symbolique pour en effrayer d'autres ?

Pas de quoi insulter les gens, et perdre les nerfs. Restons poli s'il vous plaît. Poser cette question n'est pas persécuter, mais juste un effort de comprendre la cohérence de ta position, sans-doute d'une lucidité extraordinaire et d'une grande intégrité politique et morale , vu la sincérité très obsentiblement passionnée que tu y mets, mais qui pour l'instant, je dois le dire humblement, m'échappe .


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 26 Avr 2019, 17:03, édité 12 fois.

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MessagePosté: 26 Avr 2019, 16:53 
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bmntmp a écrit:
De toute façon entre Rohmer, Rivette, Truffaut (pote avec Rebatet), même Godard parfois, il ne serait pas dur d'en faire des cinéastes réacs si on voulait en faire la démonstration.


Oui-oui au pays de la cinéphilie


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 17:12 
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Le pays de la cinéphilie ?
Brrrrrrr, ce doit être horrible.


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 17:22 
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Vieux-Gontrand a écrit:
Pour moi il y a une dialectique et une limite interne au progressisme sur laquelle on achoppe tous, que vous avez tendance à décrire comme une tromperie intentionnelle, ce qui disqualifie tout le domaine de l'esthétique ; forcément "complice" de cette supposée tromperie, car le propre de la période 1890-1970 est justement de l'avoir transformée en contenu artistique (on retrouve cette finitude et cette identification de l'impuissance politique à un désarroi ontologique chez Flaubert, Jarry, Beckett, voire Edith Wharton, mais moins chez Balzac ou Tolstoï où il ya certe de la douleur et de l'absurde mais un personnage prolonge souvent un sens une situation auquel l'autre a renoncé).


Je suis d'accord avec toi mais permets-moi de préférer, pour des raisons esthétiques, la satire au drame bourgeois à la Truffaut/Delannoy (jugement à l'emporte-pièce, évidemment).


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 17:24 
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Duchaussoy ?


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MessagePosté: 26 Avr 2019, 17:28 
Vieux-Gontrand a écrit:
Non mais c'est une vraie question, si la misogynie est consubstantielle au cinéma etc ad nauseam



Dans un monde forumique utopique où on répondrait sans se lasser à la même question déjà passée et témoignant d'une incapacité congénitale à lire et comprendre ce que dit l'autre, on pousserait le masochisme kafkaïen à lui répondre pour la 15è fois qu'on a jamais dit que "la misogynie est consubstantielle au cinéma", qu'on a déjà répondu précisément à cette même formulation plus haut, et que les réponses détaillées à toutes ses fausses questions feignant la disputatio rationnelle emprunte de fausse politesse et de faux respect sont consultables par tout être agi par la bonne volonté et un réel désir d'échange.

Autrement dit, il faut laisser cet individu réviser chacun de vos propos et c'est par définition sans fin puisque toute réponse, je le sais dans la chair de mes doigts parcourant le clavier, est l'occasion d'une nouvelle déformation qui à ce degré n'est plus seulement un problème d'entendement, mais aussi de perversité.





Citation:
Je me couche toujours très tôt et fourbu, et cependant on ne relève aucun travail fatigant dans ma journée.
Possible qu’on ne relève rien mais moi, ce qui m’étonne, c’est que je puisse tenir bon jusqu’au soir, et que je ne sois pas obligé d’aller me coucher dès les quatre heures de l’après-midi.
Ce qui me fatigue ainsi, ce sont mes interventions continuelles.
J’ai déjà dit que dans la rue je me battais avec tout le monde ; je gifle l’un, je prends les seins aux femmes, et me servant de mon pied comme d’un tentacule, je mets la panique dans les voitures du Métropolitain.
Quant aux livres, ils me harassent par-dessus tout. Je ne laisse pas un mot dans son sens ni même dans sa forme.
Je l’attrape et, après quelques efforts, je le déracine et le détourne définitivement du troupeau de l’auteur.
Dans un chapitre vous avez tout de suite des milliers de phrases et il faut que je les sabote toutes. Cela m’est nécessaire.
Parfois, certains mots restent comme des tours. Je dois m’y prendre à plusieurs reprises et, déjà bien avant dans mes dévastations, tout à coup au détour d’une idée, je revois cette tour. Je ne l’avais donc pas assez abattue, je dois revenir en arrière et lui trouver son poison, et je passe ainsi un temps interminable.
Et le livre lu en entier, je me lamente, car je n’ai rien compris... naturellement. N’ai pu me grossir de rien. Je reste maigre et sec.
Je pensais, n’est-ce pas, que quand j’aurais tout détruit, j’aurais de l’équilibre. Possible. Mais cela tarde, cela tarde bien.


(H. Michaux, Une vie de chien)


Dernière édition par Jerzy Pericolosospore le 26 Avr 2019, 17:29, édité 1 fois.

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MessagePosté: 26 Avr 2019, 17:28 
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Tiens sinon, j'ai lu dans un numéro récent des Cahiers (lié je crois à une exposition à la cinémathèque, comme quoi notre angle d'attaque accentue ce qui rattache le cinéma à un patrimoine muséal vieillissant) que Truffaut était très mécontent de l'interprétation d'Oskar Werner dans Fahrenheit (dans mon souvenir il est assez bon), au point qu'ils se sont gravement et définitivement brouillés après le film.

il cite la scène où il engueule sa femme et ses amies devant la série télé (le film est absolument visionnaire par rapport à ce que sont les séries aujourd'hui), qu'Oskar Werner joue avec colère, "à la Bégaudeau" diriez-vous. Truffaut aurait souhaité qu'il la joue calmement, ce qui me paraît difficile.
L'argument qu'il donne est que le jeu de Werner accentuait justement la connotation misogyne de la situation, qui ne laisse pas aux femmes la possibilité de répondre et s'apparente à une agression.


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 26 Avr 2019, 17:39, édité 1 fois.

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