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MessagePosté: 04 Oct 2018, 13:37 
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bmntmp a écrit:

Mouais, c'est maigre en terme d'exemples.


Parce que le cas de cinéastes "né au tournant du sècle" ayant continué fin 70 - années 80 est plutôt rare...J'ai pris donc aussi le cas de cinéastes ayant tourné dans les années 40-50. Mais je n'ai pas fait de généralité non plus. En fait c'est surtout Minelli qui me venait en tête là. La découverte de Nina m'avait fait l'effet d'un cinéaste complètement dépassé. C'est comme la fin de carrière de Cukor (L'oiseau bleu), il y a un tournant dans les codes de l'époque, qui rend leurs films un peu aberrant.

bmntmp a écrit:
Quand je pense cinéastes classiques et Billy Wilder à la fois, je pense plutôt cinéastes venus d'Europe et/ou nés au tournant du siècle, comme Preminger ou Fritz Lang ou dans le cinéma américain, comme Anthony Mann. Fleischer est né plus tard, certaines de ses séries b qui font sa réputation, comme The Narrow Margin, ne sont pas connues en dehors d'un cercle de cinéphiles pointus du style mac-mahonien.
Sa production des années 70 est tout à fait acceptable, avec des classiques de l'époque comme The New Centurions, ou Soleil Vert, et sans doute d'honorables divertissements. Il a peut-être mal négocié le tournant avec les années 80 (dites-moi ce que vaut son Conan). Perso, je le rapproche plus d'un réalisateur comme Robert Wise, qui n'ont jamais véritablement accédé au statut d'auteur.


Ben Fleischer a toujours plus ou moins alterné la série B avec le film à grand spectacle, parfois en alliant les deux comme dans l'incroyable Mandigo. Mais sinon il s'est complètement vautré dans les années 80. Son Conan, avec pour tant une photo de Jack Cardiff qui fait parfois effet, est d'un ridicule achevé. Et ne parlons pas d'Amytiville 3D ou de Kalidor.

bmntmp a écrit:
Quant à Donen, encore plus jeune, on peut arguer qu'il est "classique" mais, comme le montre "chantons sous la pluie", il y a toujours eu un côté moderniste chez lui. De surcroît, il s'est spécialisé dès le début de carrière dans la comédie musicale, ce qui explique en partie l'aspect camp de sa filmographie à partir de la fin des années 60.


Camp et définitivement nanardesque..


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MessagePosté: 04 Oct 2018, 13:50 
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bmntmp a écrit:
Quant à Donen, encore plus jeune, on peut arguer qu'il est "classique" mais, comme le montre "chantons sous la pluie", il y a toujours eu un côté moderniste chez lui. De surcroît, il s'est spécialisé dès le début de carrière dans la comédie musicale, ce qui explique en partie l'aspect camp de sa filmographie à partir de la fin des années 60.


C'est surtout pas un très bon cinéaste à la base. Plutôt un styliste très doué qui a eu la chance de diriger la dernière génération de stars de Hollywood et de commettre quelques coups d'éclat. Par contre, que Minnelli (qui est un vrai auteur pour le coup, peut-être même plus que Wilder) se soit perdu dans l'ère post-studio où il n'avait plus ses repères, ça me parait crédible.

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MessagePosté: 04 Oct 2018, 13:58 
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Il ne faut pas négliger ce qu'un studio peut apporter à un auteur en terme de stimulation créative, à la fois en raison des moyens gigantesques dont il jouit mais aussi de la liberté limitée qui le conditionne. Le cinéma hollywoodien s'est énormément construit sur la façon de contourner ces limitations et la censure, c'est de là qu'il a puisé son inspiration formelle. Un grand cinéaste, en dehors du cadre d'un studio, peut soudainement être totalement démuni, ou du moins voir son inspiration diminuer. A moins de s'appeler Orson Welles.

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MessagePosté: 04 Oct 2018, 13:59 
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Dans les fins de carrières difficiles il y a aussi Jules Dassin , même si le fait de quitter les studios est lié au Mccarthysme, dont les films tardifs sont invisibles.
J'ai vu il y a quelques années "Dix heures et demie du soir en été", film adapté de Duras, malade, mais risqué formellement et parfois beau, intéressant aussi politiquement pour son regard sur le normalisation franquiste, très différent de ses films noirs (cela lorgne plus sur une sorte de Bergman en version féministe de gauche déprimé).


Dernière édition par Gontrand le 04 Oct 2018, 16:41, édité 1 fois.

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MessagePosté: 04 Oct 2018, 16:18 
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Wikipédia m'apprend que Dassin n'était pas si vieux au moment de son dernier film (69 ans en 1980, 55 ans pour le film dont je parle plus haut). C'est là qu'on peut percevoir que les conséquences de la chasse au sorcières ont été finalement plus décisives sur le long terme (paradoxalement une fois la guerre froide quasiment terminée) qu'au tournant des années 50.

Elia Kazan, qui est de la même génération lui aussi, s'est arrêté encore plus jeune (67 ans, et 27 ans avant sa mort), pour des raisons à la fois similaires et opposées à Dassin. Les Visiteurs sont son avant-dernier film. Ce ne sont pas là des fins de carrière à la Eastwood.
Ils étaient en fait de 10 à 15 ans plus jeunes que Cukor ou Hawks.

Plus jeune que John Huston aussi, dont les derniers films sont, ma foi, fort intéressants, et comprennent bien l'évolution du cinéma. Il faut reconnaître qu'il a renouvelé son cinéma de manière plus forte qu'un John Ford auquel il est souvent opposé.

Stanley Donen est beaucoup plus jeune (et vit encore), il avait moins de 30 ans au moment de Singin' in the Rain.

Dans les fins de carrières délicates pour des grands noms, on peut aussi penser à Blake Edwards.


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MessagePosté: 04 Oct 2018, 16:54 
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Gontrand a écrit:
Plus jeune que John Huston aussi, dont les derniers films sont, ma foi, fort intéressants, et comprennent bien l'évolution du cinéma. Il faut reconnaître qu'il a renouvelé son cinéma de manière plus forte qu'un John Ford auquel il est souvent opposé.


Ford est un pionnier qui a tenu sa ligne et travaillé son style expressionniste du muet aux années 60 sans avoir vraiment éprouvé le besoin de renouveler quoi que ce soit, tandis que Huston est plus un touche à tout versatile à l'oeuvre très variable, qui a fait ses films au grès de son humeur. J'ai jamais trop compris cette comparaison je dois dire...

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MessagePosté: 04 Oct 2018, 17:41 
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Peut-être à cause de leur origine irlandaise, et du retour qu'ils ont effectué dessus dans leur filmographie ? Et de leur rôle pendant la Seconde guerre mondiale ?
C'est vrai que Huston n'a je crois jamais réalisé de "vrai western".
Personnellement j'aime beaucoup Huston (même si je n'en ai pas vu des masses), ses films sont souvent un peu bancals, mais il y a quand-même une forte cohérence morale entre The Asphalt Jungle, "Promenade avec l'Amour et la Mort" le Malin et Au dessous du Volcan voire les Dublinois . C'est toujours la même manière de filmer la mort comme point d'arrêt brutal, non seulement de la vie du personnage central, mais du récit et du hors-champs lui-même (le récit est du coup alors avec la subjectivité des personnages). L'idée aussi qu'il est posisble d'échapper à toute notion de "destin" transcendant par une conduite obsessionnelle (valorisée, recherchée mais rendue indéchiffrable) est également constante chez lui.
Ford est il est vrai un cinéaste moins "phénoménologique", moins matérialiste mais plus intéressé par la (fondation d'une) collectivité que l'individu, et par la représentation de la loi que celle des affects.


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MessagePosté: 04 Oct 2018, 21:28 
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Et incroyable, Stanley Donen est maqué avec Elaine May depuis 1999 ! Seulement huit ans de différence, j'imaginais l'un plus vieux, et l'autre plus jeune.

Dans les réalisateurs un peu bâtards, ni classiques ni rien, j'ai un peu d'amour beaucoup le mesestimé Martin Ritt, pour son adaptation de John Le Carré avec Richard Burton The Man Who Came From The Cold, ou Norma Rae (1979) sur un syndicaliste juif new-yorkais qui va retourner le coeur d'une bouseuse du sud, et l'usine où elle travaille, avec les problèmes qu'on devine. Hombre est un sublime western déjà crépusculaire avec de très bons dialogues d'Elmore Leonard, mais certains trouvent le film trop froid. Je ne sais plus trop ce que vaut son premier film avec John Cassavettes et Sidney Poitier.


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MessagePosté: 04 Oct 2018, 21:42 
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Ouch Normae Rae Sally Field est bien, et le regard sur le Sud ouvrier pas mal formellement mais j'ai trouvé cela très monolithique, avec ses deux super-moines-syndicalistes sans la moindre zone d'ombre. A côté Guédiguian c'est Gaspard Noé. Je me retrouve plus dans le pessimisme social d'Elio Petri.

Bizzarement la partie "Doggie Jones" de la dernière saison de Twin Peaks rapoekle beaucoup ce film.


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MessagePosté: 05 Oct 2018, 11:34 
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Dans mon souvenir, on retrouve un peu la même mélancolie que chez Belvaux dans "Pas mon genre", qui faisait preuve de plus de schématisme et de moins de brio formel (les couleurs vibrantes de la photo permettent d'incarner le tout - on parle quand même de cinéma) : le beau gosse juif au nez marqué qui retourne à New York avant de recommencer la même chose ailleurs, avec plus ou moins de succès, le film faisant la suggestion que son action disruptive peut tout autant avoir de bons que de mauvais effets. Je lis le résumé wikipedia :

Citation:
An election to unionize the factory takes place, with Norma and Reuben listening as best as possible from outside the mill as reporters and TV cameras observe the vote count. With a difference shy of 100 votes, the result is a victory for the union. Shortly after, Reuben says goodbye to Norma; despite his being smitten with her throughout the movie, they only shake hands because he knows she is married and loves her husband, and Reuben heads back to New York.


Comme dans tout bon film hollywoodien, l'ambiguïté n'est pas absente du happy end et de la grandeur morale qui y est peut-être illusoirement suggérée (voir la Vie est belle de Capra), lesquels jouent après tout leurs rôles normaux d'enthousiasmer et d'inspirer.


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