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MessagePosté: 24 Juin 2019, 10:56 
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J'ai eu exactement la même sensation devant ce film que devant certains doc de Varda, en mode "il commence à me fatiguer le pépé gateux égocentrique, on en a rien à branler de son atelier". Alors c'est un film difficile à critiquer parce que c'est un film hommage à une personnage morte injustement trop jeune et surtout le film qui existe est la version alternative de ce qui aurait dû être au départ (l'adaptation du livre de Bernheim, dont l'issue, similaire, est profondément troublante).

J'ai eu du mal à m'intéresser au film en fait, je gardais un meilleur souvenir du Paradis et même du Filmeur mais là, j'ai rapidement étouffé dans l'atelier bordélique de Cavalier qui chuchotte des banalités sur la mort (l'esprit d'Emmanuelle est incarné dans cette fleur) et qui digresse comme un vieux qui s'emmerde. Alors par moment c'est touchant, le film a quelque chose de terriblement fataliste entre le moment où Cavalier filme les premiers rendez vous de travail et l'issue de la maladie de Bernheim c'est tragique) mais comme avec Varda j'ai un peu le sentiment d'un vieux réalisateur qui pense que son petit théâtre du rien va nous intéresser et qui finalement fait quelque chose de totalement tourné sur lui-même, d'une certaine manière assez prétentieux et égocentrique qui ne s'intéresse pas beaucoup aux autres comme ce moment où Cavalier, couché dans cet hôtel où il vient depuis 40 ans nous parle de sa vision de sa propre mort pendant 10 minutes (je veux dire je m'en bats les couilles frère). Je préfère 10 000 fois un Wiseman (pour prendre un vieux documentariste qui tourne coûte que coûte) qui tente de comprendre le monde autour de lui qu'un Cavalier qui nous filme ses courges dans son atelier en baragouinant des banalités ou des choses inintéressantes au possible.

Bref, pas ma came, ce que je préfère dans le film c'est son très beau titre.

2/6

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MessagePosté: 24 Juin 2019, 12:58 
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MessagePosté: 24 Juin 2019, 13:50 
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Les films autobiographiques de Cavalier, c'est soit on adore soit rejet total.


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MessagePosté: 24 Juin 2019, 14:18 
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Cosmo a écrit:
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Non, je préfère ANNA OZ.

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MessagePosté: 24 Juin 2019, 14:22 
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MessagePosté: 24 Juin 2019, 15:01 
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Abyssin a écrit:
Les films autobiographiques de Cavalier, c'est soit on adore soit rejet total.


lol, pas du tout ce que j'ai écrit plus haut. Et pas du tout l'impression que ce soit le cas en fait.

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MessagePosté: 24 Juin 2019, 15:06 
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J'avais vraiment bien aimé Le Filmeur mais je m'étais bien fait chier avec Pater.
Je devrais continuer d'explorer mais il reste un ou deux "classiques" avant d'essayer celui-ci.

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MessagePosté: 24 Juin 2019, 21:20 
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Art Core a écrit:
J'ai eu exactement la même sensation devant ce film que devant certains doc de Varda, en mode "il commence à me fatiguer le pépé gateux égocentrique, on en a rien à branler de son atelier". [...] comme avec Varda j'ai un peu le sentiment d'un vieux réalisateur qui pense que son petit théâtre du rien va nous intéresser et qui finalement fait quelque chose de totalement tourné sur lui-même, d'une certaine manière assez prétentieux et égocentrique qui ne s'intéresse pas beaucoup aux autres

Pour moi le sommet de l'égocentrisme c'est Douleur et Gloire. A côté de ça l'ego de Cavalier semble microscopique. Personnellement je m'intéresse bien plus à ce qu'il a à raconter que les geignardises auto-satisfaites d'Almodovar. Et si j'en crois les retours critiques d'Etre vivant et le savoir, je n'ai pas l'impression d'être le seul à m'intéresser à ce que Cavalier a à nous dire. Quant à Varda (pour laquelle je partage globalement ton avis), la comparer à Cavalier n'a pour moi aucun sens (hormis l'âge). Les derniers doc de Varda ne sont là que pour nous rappeler tout ce qu'elle a fait, l'influence qu'elle a eut, chez Cavalier rien de tout ça, le mec continue à CRÉER, il n'est pas là à se caresser le nombril en s'extasiant sur ses succès passés.

Tout ça pour dire que je te trouve très dur Art Core, mais surtout je ne m'explique pas vraiment que tu apprécies plus Paradis que celui-là, c'est exactement le même type de film, et finalement ce dernier est moins centré sur Cavalier et sa famille. Après c'est peut-être de la lassitude?

Paradis je l'ai découvert lors de son passage sur Arte il y a quelques mois, je n'étais probablement pas assez concentré parce qu'il m'était pas mal passé au-dessus de la tête (la tombe de la petite souris...). D'avoir vu celui-ci en salle, après les 6 épisodes de son journal l'an dernier m'a permis de bien mieux appréhender le film. J'ai eu un peu peur au début, et finalement ça m'a très rapidement captivé. Alors oui c'est un cinéma extrêmement particulier et unique, sorte de journal tenu au jour le jour, qui peut alterner les moments intenses (les rares images de Bernheim, qui était je ne l'ai compris qu'à la fin la femme de Toubiana) et les apartés qui peuvent sembler incongrus... sauf qu'il n'y a jamais une image ou une parole gratuite, tout le film tourne autour de la mort, de Bernheim et de son père dont Cavalier souhaitait adapter le livre traitant de son euthanasie (rôle qu'il devait lui-même tenir, d'où cette longue scène où il est allongé re-jouant l'agonie du père), des animaux qui divaguent dans son atelier aux courges qui y pourrissent, tout à la fois capable de traiter frontalement du sujet et de l'évacuer avec ses compositions légumières dans son atelier. Cavalier a maintenant 87 ans et on peut comprendre qu'un tel sujet prenne nécessairement une résonance particulière en lui.

4.5/6


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MessagePosté: 25 Juin 2019, 09:06 
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L'égocentrisme d'Almodovar il est généreux, il est tourné vers le public avec un récit, des personnages, des émotions. Que le film soit plus au moins autobiographique n'a aucune espèce d'importance au sein même du film. L'égocentrisme de Cavalier c'est plutôt cette manière de finalement ne pas s'intéresser aux autres, d'être replié sur lui-même, sur son petit théâtre du rien. Quand je vois que ça s'extasie sur le fait qu'il filme des courges pourries j'avoue que j'ai du mal à suivre. Je trouve que ce qui fonctionne en littérature (l'autobiographie ou du moins le journal le plus autocentré qui soit peut être passionnante) fonctionne beaucoup moins bien au cinéma et très vite, le dispositif même du cinéma fait que ça ne m'intéresse pas, que j'ai l'impression que ça ne me concerne pas. J'ai eu la même sensation récemment en découvrant Jonas Mekas, mec qui filme sa famille bourgeoise et son quotidien dans un truc très autosatisfait et d'une indécente longueur qui m'a semblé préfigurer une certaine génération Instagram. C'est vraiment pas quelque chose qui m'intéresse là où justement j'ai une admiration folle pour un Wiseman qui continue à 89 ans d'interroger la société dans laquelle il vit en allant vers les autres, en s'intéressant véritablement à ce qu'ils sont et ce qu'ils ont à dire. Alors ce sont deux façons de faire du documentaire et ça n'a pas beaucoup de sens de les comparer mais en tout cas je m'y retrouve beaucoup plus dans l'un que dans l'autre.

Surtout que tu dis qu'il n'y a "jamais une image ou une parole gratuite" et ça m'a fait l'effet exactement inverse. C'est tellement random, tellement pas construit se contentant d'aligner des petites séquences de ci de là que ça aurait pu durer une heure de plus ou trente minutes de moins que ça changeait rien. Ca m'a dérangé d'ailleurs comme par exemple quand Cavalier pense que Bernheim va mourir à l'hôpital alors qu'on sait depuis le début qu'elle est morte euthanasiée en Suisse, j'ai pas compris pourquoi laisser ces parties là qui donnent au film l'impression d'un montage un peu aléatoire et sans véritable réflexion derrière. Ce qui n'empêche pas certaines belles choses (tout ces allers retours entre le tutoiement et le vouvoiement, c'est touchant).

C'est d"ailleurs pour ça que j'avais préféré Paradis qui m'avait semblé plus construit autour de quelques figures centrales (les récits mythologiques ou religieux je me souviens plus trop) qui m'avait semblé à la fois plus libre et plus "rond". Après je trouve toujours assez fascinant cette manière qu'à Cavalier, 87 ans, de s'inscrire malgré lui dans la mouvance du "vlog", ce journal intime quotidien qui fleurit partout sur les réseaux sociaux.

Mais c'est clair que je suis pas certain d'aller voir son prochain s'il est dans la même veine.

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Dernière édition par Art Core le 25 Juin 2019, 09:14, édité 1 fois.

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MessagePosté: 25 Juin 2019, 09:13 
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Art Core a écrit:
L'égocentrisme de Cavalier c'est plutôt cette manière de finalement ne pas s'intéresser aux autres, d'être replié sur lui-même, sur son petit théâtre du rien.
Il faut voir ses 6 portraits XL sortis l'an dernier pour se rendre compte à quel point Cavalier s'intéresse avant tout à l'autre, bien plus qu'à lui-même.


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MessagePosté: 25 Juin 2019, 09:27 
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Pas vu en effet, mais en tout cas ça ne sent pas du tout dans ce film là.

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