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MessagePosté: 22 Juin 2019, 09:28 
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Garçon-veau
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Inscription: 08 Juil 2005, 15:48
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Ce que j'aimerai qu'on m'explique, c'est même si les budgets sont serrés, comment fait-il pour se rembourser? Les entrées salles sont ridicules, et les cases télé sont limitées (difficile de viser du prime de grande chaîne). Vraiment j'aimerai savoir.


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MessagePosté: 22 Juin 2019, 12:28 
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Inscription: 23 Juil 2011, 12:46
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Le Cow-boy a écrit:
Ce que j'aimerai qu'on m'explique, c'est même si les budgets sont serrés, comment fait-il pour se rembourser? Les entrées salles sont ridicules, et les cases télé sont limitées (difficile de viser du prime de grande chaîne). Vraiment j'aimerai savoir.

Plusieurs explications :
- bon je ne vais rien t'apprendre sur le système d'avances sur recettes
- sur ses films "français", il essaie de s'entourer de stars (Poelvoorde, Eric et Ramzy, Dujardin, Chabat) qui prennent des cachets assez faibles pour jouer avec lui et lui assure un certain nombre d'entrées
- sur ses films "anglais", il prend des acteurs low cost (qui connait Jack Plotnick hors de l'univers Dupieux?) et sa réputation lui vaut une certaine diffusion à l'étranger; Bon il va pas faire un tabac en Azerbaïdjan, on est d'accord, mais il a quand-même une belle exposition internationale qui lui permet d'être rentable.

Pour donner un exemple chiffré, Wrong Cops a coûté 1,7 millions de dollars, ce qui n'est pas grand chose et est rentable.


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MessagePosté: 22 Juin 2019, 14:49 
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Sinon pour revenir au film c'est du bon Dupieux. Un peu à part dans sa filmographie avec une ambiance poisseuse et inquiétante, son concept le plus barré avec Rubber mais sans doute un de ses films les plus structurés et équilibrés. Soyons clair, les 1H17 semblent durer dans la salle 30 minutes tellement le film est rythmé et surtout Dupieux enlève le gras et les quelques longueurs qu'on pouvait trouver dans certaines de ses oeuvres.

Même si tout aussi absurde, Le Daim est ouvertement moins comique que les précédents films de son auteur misant plus sur sa poésie du non-sens et sur le côté obsessionnel de son héros. Après le film ne manque pas de dialogues et situations très drôles mais on sourit la plupart du temps et ce qui retient notre attention est cette histoire d'amour entre un blouson en daim et son propriétaire, le tournant absurde que va prendre l'obsession. Le film s'emballe petit à petit du tournage du film au caméscope à cette demi-heure sanguinolante qui n'est pas sans rendre hommage à certains nanars français.

Dujardin creuse la veine entrevue dans le Kervern/Délépine, Haenel est très bien et la logique implacable que suit Le Daim dans sa suite d'évènements finit par accrocher l'attention et contribuer au plaisir du spectateur.

4/6

Pour situer le film par rapport aux précédents de son auteur, on est un cran en dessous de ses deux derniers.


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MessagePosté: 25 Juin 2019, 10:52 
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Je suis assez bien rentré dans le délire perso, notamment grâce à un Jean Dujardin excellent. Non vraiment je me suis franchement marré, je suis d'accord que ça ne pousse pas le concept très loin et en 1h17 le film arrive à tourner en rond mais je ne me suis pas ennuyé comme devant Rubber et puis une comédie qui fait rire c'est déjà pas mal.

4/6


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MessagePosté: 25 Juin 2019, 15:31 
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Inscription: 30 Sep 2016, 19:39
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Le film a l'air proche de celui de Ferreri où Christophe Lambert tombe amoureux de son briquet, ou Her, avec Phoenix qui tombe amoureux de la voix du standard téléphonique. Il a l'air d'investir une relation à l'objet qui relève davantage du narcissisme et d'un certain dandysme si j'en crois ce que j'ai pu lire très rapidement ici et là.
La réponse d'Abyssin résume bien ce qui explique le cas Dupieux sinon (qui est dans une niche proche de celle de Korine).
Cinéma hipster qui attire des stars mainstream ou non (acteurs issus de l'univers Tim & Eric ou de celui de Jody Hill et Danny McBride), exposition à l'international.
Potentiel beaucoup plus vendeur que du Sharunas Bartas dans le même temps.
Realité est un excellent film.


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MessagePosté: 25 Juin 2019, 15:38 
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Inscription: 14 Mai 2014, 10:12
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Bien aimé aussi ce Dupieux qui a en cette période l'avantage de contraster avec la canicule. On sent le cinéaste se livrer plus intimement, déjà par l'évocation du travail du cinéaste, et aussi par une représentation assez primaire sur la naissance du désir (beaucoup de choses m'ont rappelé l'enfance). il y a finalement une bizarrerie assez contenue dans ces effets et Dujardin y est pour beaucoup dans la façon dont tout ça se tient humblement et de manière touchante.
Dans cette logique de faire émerger la solitude de son personnage et en même temps son épanouissement, j'aime assez la fin (et cette scène où il se film avec les daims en arrière plan). Quand ça déborde (les meurtres) le film m'a paru moins réussi mais Dupieux réussi peut être pour la première fois à travailler sur des choses plus profondes.


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MessagePosté: 30 Juin 2019, 16:18 
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Vaut mieux l'avoir en journal
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Inscription: 04 Juil 2005, 15:21
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Le Cow-boy a écrit:
Ce que j'aimerai qu'on m'explique, c'est même si les budgets sont serrés, comment fait-il pour se rembourser? Les entrées salles sont ridicules, et les cases télé sont limitées (difficile de viser du prime de grande chaîne). Vraiment j'aimerai savoir.


Je me pose la même question pour christophe Honoré.

_________________
La Vie brève de Jan Palach
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MessagePosté: 30 Juin 2019, 16:49 
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Cosmo a écrit:
Le Cow-boy a écrit:
Ce que j'aimerai qu'on m'explique, c'est même si les budgets sont serrés, comment fait-il pour se rembourser? Les entrées salles sont ridicules, et les cases télé sont limitées (difficile de viser du prime de grande chaîne). Vraiment j'aimerai savoir.


Je me pose la même question pour christophe Honoré.


J’ai l’impression que dans l’ensemble, Honoré attire trois à quatre fois plus de spectateurs, à tout le moins en France.

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MessagePosté: 01 Juil 2019, 14:02 
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C'est mon premier Dupieux et j'ai trouvé ça assez frappant. Oui, il accomplit le tour de force de nous ennuyer sur quelques scènes malgré les 1H15 seulement de film. Mais le malaise qu'il arrive à amener sur ce scénario au départ marrant est vraiment particulier... Le perso de Dujardin est glaçant, je ne voyais plus du tout en lui le bouffon marginal en seconde partie, mais en même temps ce changement ne masque pas l'humanité du pyschopathe, c'est ce qui rend le film troublant.

Et la fin est très bonne, finalement,
il reste une victime. Terrible.


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MessagePosté: 04 Juil 2019, 14:20 
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Je rejoins l'avis initial de QGJ. Le film séduit par son minimalisme, sa narration un peu coq-à-l'âne, qui semble tellement perturber Art Core qui décidément ne veut pas laisser les réalisateurs faire leurs films comme ils l'entendent !
Curieux que deux représentants du cinéma français branché sortent au même moment des films qui présentent une relation fétichiste à un objet, ici la veste en daim, ailleurs le réfrigérateur (pas vu Yves, mais les comparaisons avec Her ou Electric Dreams dans le topic attitré semblent aller en ce sens). Chez Dupieux, comme chez Forgeard, il y a cette espèce de nostalgie du cinéma des années 70, de la France Pompidolienne et des 90's qui se mélangent allègrement.
Dujardin conduit une vieille Audi dont les formes parallélépipédiques sont d'un autre temps, se trouve comme happé par une veste à franges sortie des années 70, la bande-originale fait référence au giallo ou aux films italiens des années 60-70 tandis que le matériel utilisé pour filmer et visionner par Dujardin et Haenel renvoie aux débuts balbutiants, et qui nous paraissent aujourd'hui complètement obsolètes, du numérique.
Il y a à la fois une forme de dandysme fatigué, caractéristique de la culture hipster depuis un bon moment déjà, qui crée pour une fois un sentiment d'étrangeté mérité. Le film se présente dès le début comme une sorte de rêverie dont l'issue ne fait pas beaucoup de mystère. Dujardin, sillonnant les routes à bord de sa voiture, dont le comportement est d'emblée erratique, rappelle l'Adversaire d'Emmanuel Carrère, et la dimension angoissante, soulignée par la musique, s'impose avant même la comédie. Il ne s'agit pas pourtant du traitement clinique d'un cas psychiatrique mais de quelque chose entre la fable et le conte fantastique.
Dujardin dépense 7500 balles pour son blouson à franges. C'est bien que chez Dupieux, le film soit directement guidé par d'autres lois que celles de la rationalité.
Paradoxalement, ce n'est pas forcément ce que je retrouve le plus réussi, mais un bon moyen de mettre en valeur le personnage de beauf de Jean Dujardin - condamné d'ailleurs à jouer des rôles de beauf, ce qu'il fait très bien, ainsi que semble l'avoir à nouveau démontré sa carrière post-The Artist. D'ailleurs le film ressemble un peu à Christine de Carpenter, sauf qu'il met en scène les angoisses du mâle approchant la cinquantaine, non celle du bullied adolescent. Ce qui distingue encore le film de Dupieux, c'est le côté débonnaire, distancié, comme en rêve, sa marque de fabrique en même temps qu'une facilité.


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MessagePosté: 18 Aoû 2019, 12:28 
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Pas mal, le plus convaincant des films de Dupieux que j'ai vus jusqu'à aujourd'hui. A vrai dire j'y allais initialement pour Adèle Haenel (qui joue un personnage proche de son rôle dans le Salvadori, à la fois maternant et manipulateur, à même d'imposer son idée de l'ordre à des hommes-enfants, qui à vrai dire n'en ont aucune, et ne sont que purs affects).
Le film m'a semblé faire écho à plusieurs travers du monde contemporain (ce qui est nouveau compte tenu du caractère à la fois en dehors du monde,en ce qui concerne l'ancrage sociologique, et en même temps très référencé du cinéma du Dupieux en ce qui concerne le savoir et la culture: ici les références, de Brahms à la soul 70ies, agissent plutôt comme un brouillage qu'un appel à la reconnaissance du spectateur). Ces travers pourraient être le porno (mentionné dans le film), mais aussi l'esthétique et l'impact moral des attentats (non mentionnés, mais bizarrement présent dans l'opposition entre une vieille France et une jeune France, qui sont toutes deux victimes du tueur mais pas de la même manière : le meurtre prend la forme du dialogue avec la seconde, et est purement pulsionnel avec la première. L'identification du monteur et du commanditaire des images, et la manière dont Dujardin est finalement dupé et devient, au sein de son propre fantasme, un exécutant, et le raccourci entre naïveté et violence rappellent aussi la dynamique du terrorisme. C'est aussi une forme d'autocritique par Dupieux de la gratuité de son cinéma).
A cet égard, le film est très proche de Rester Vertical de Guiraudie (même personnage d'artiste mythomane, c'est à dire : n'ayant que son désir pour exister, même type de dérive dans le territoire français), mais en encore plus sombre (chez Guiraudie il y avait une opposition entre la sphère économique et celle de la sexualité, qui fait de la mélancolie un refuge et une position morale, ici ce n'est plus le cas, tout est à la fois marginal, périphérique, et en même temps dépendant de la seule économie).

Deux films qui descendent du Plein de Super de Cavalier dans le côté road movie et le portrait d'une crise masculine où le romantisme (au sens littéraire, comme recherche d'une cause par un sujet déjà formé, telle que l'amour) est identifié au patriarcat (le coup de téléphone à sa femme est une vraie scène de Cavalier), mais avec une différence : chez Cavalier le réel et l'ancrage sociologique survivaient à la mélancolie et à la fantaisie morbides, étaient le résultat de la mélancolie comme travail. Ici la mélancolie est terminale, le point de vue est inversé : c'est l'ancrage sociologique et le réel qui relèvent d'un travail ( d'un désir transformé) et la mélancolie qui est un résultat, un objet à la fois desiré jalousement, et abandonné par la fatigue de l'homme qui l'a construit.


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 19 Aoû 2019, 09:53, édité 7 fois.

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MessagePosté: 18 Aoû 2019, 13:47 
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Sympa aussi de revoir Julia Faure preque 20 ans après Sauvage Innocence de Garrel, même si c'est pour un petit rôle ( comiquement proche de celui de Garrel d'ailleurs, les réalisateurs masculins ne la mettent pas dans des situations enviables).


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