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MessagePosté: 05 Jan 2019, 15:45 
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Asako, étudiante à Osaka, a une brève aventure avec Baku avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement. Deux ans plus tard à Tokyo, elle rencontre un autre homme qui lui ressemble beaucoup.

Je découvre que c'était en compétition à Cannes l'année dernière et il faut connaître que le niveau asiatique était très fort. C'est mon premier Hamaguchi et je trouve cet Asako remarquable. Il y a une touche très légère qui rend la vision du film agréable comme cette première rencontre évanescente, ces multiples plans du chat. Un cinéma pas du tout rigide et très vivant qui culmine dans la très belle scène de retrouvailles qui semble être un rêve ou cette scène de l'accident de moto (cf photo) ou les deux amants s'embrassent par terre sur la route. Hamaguchi a un style et une patte unique qui rendent ses histoires fascinantes et agréables à regarder.

Et puis sans en dévoiler plus que cela, la frontière entre réalisme et fantastique très fine et toute la réflexion sur l'amour durable et l'amour idéalisé. Qu'est-ce qui fait un couple? Comment revit-on ce premier amour idéalisé. Hamaguchi brouille les cartes de manière très subtile mais surtout la grosse force du film c'est qu'il est sans cesse surprenant, on ne sait jamais où l'histoire nous mène jusqu'à des tournants où le cinéaste ose et nous offre de vrais bon moments de cinéma. Bref gros plaisir cinématographique et l'actrice principale est à croquer.

5/6


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MessagePosté: 13 Jan 2019, 23:23 
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Abyssin a écrit:
Je découvre que c'était en compétition à Cannes l'année dernière et il faut connaître que le niveau asiatique était très fort.
Justement parce qu'Asako a beaucoup moins fait parler que Burning ou Leto lors du dernier festival de Cannes, et que Senses est le film qui m'aura laissé la plus forte impression l'année dernière, je craignais bêtement que le dernier Hamaguchi me déçoive... et ça n'est heureusement pas du tout le cas. A l'inverse, en deux longs (et un moyen) il réussit à se hisser au plus haut dans la liste des réalisateurs dont j'attendrai maintenant chaque nouveau film avec impatience. Je serais juste un poil tatillon en concluant qu'Asako n'atteint tout de même pas les sommets de Senses, mais il n'en est pas moins une œuvre totalement maîtrisée et d'une justesse dans la mise en scène assez étourdissante. Lister toutes les scènes où j'ai été subjugué serait fastidieux, je relèverais néanmoins
Les deux scènes où Asako et Baku/Ryôhei s'embrassent pour la première fois. Elles sont filmées exactement de la même manière, en miroir, puisque dans la première ce sont les pieds de Baku qui s'avancent vers ceux d'Asako, tandis que dans la seconde c'est cette fois elle qui prend l'initiative et se dirige vers Ryôhei. Tout est dit dans ces quelques plans de pieds qui se meuvent, d'une épure toute bressonienne. La première rencontre est celle d'une adolescente/jeune femme en béatitude devant un idéal d'homme viril et ténébreux, figure à la fois fantasmatique et fantasmagorique qui rappelle le personnage de Mitsuki dans Heaven is still far away. Dans la seconde Asako a (semble-t-il) mûri, elle a surpassé la peur que la ressemblance de Ryôhei avec Baku avait tout d'abord suscitée en elle, elle n'est plus cette femme attentiste qui attendait que le prince charmant vienne à elle mais une femme peut-être un peu désabusée qui accepte de satisfaire à un attrait pour un homme plus simple et moins mystérieux.

Et encore cette autre scène du premier repas à 4 avec Ryôhei, Asako seule en cuisine, qui assiste à la scène de prise de bec entre l'actrice et le collègue de Ryôhei. C'est peut être la scène qui rapproche le plus ce film de Senses parce que l'une des seules où une révélation survient suite à une longue scène de dialogue, débutant par les critiques acerbes du collègue sur le jeu de l'actrice pour se finir en de profondes excuses, le jeune homme confessant que sa réaction est due à la jalousie d'être face à une personne qui a réussit là où lui a échoué. La gestion des rapports de force durant toute la scène, du rôle de chacun des protagonistes culmine dans le plan final du jeune homme agenouillé et d'Asako dans le cadre de la cuisine américaine, dans une position encore attentiste puisque n'ayant pas encore décidé de l'attitude qu'elle aura vis-à-vis de Ryôhei.

Tout comme dans Senses
où l'on suivait le parcours de ces 4 femmes qui cherchaient, chacune à leur manière, à s'émanciper de leur condition insatisfaisante, dans Asako c'est à une autre forme d'émancipation que l'on assiste, d'une femme qui accepte de vivre dans un monde réel fait de petites compromissions, qui accepte d'aimer un homme qui ne correspond pas à son idéal fantasmatique mais non dénué de qualités qui sauront néanmoins la rendre heureuse. Et tout comme dans Senses
Hamaguchi se révèle un metteur en scène de génie, dont chaque plan est consciencieusement construit, chaque ligne de dialogue mûrement soupesée, où chaque détail est porteur de sens et où la gratuité est totalement exclue. C'est peut être un cinéma trop cadenassé pour certains, mais c'est vraiment le cinéma que j'apprécie le plus (ou le mieux).


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MessagePosté: 14 Jan 2019, 10:03 
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Inscription: 24 Nov 2007, 21:02
Messages: 19100
Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
J'ai adoré ce film découvert sans rien en savoir à Cannes et précédé d'une réputation plutôt moyenne parmi les journalistes l'ayant découvert la veille. En fait j'ai adoré ce côté presque soap avec une vraie naïveté assumée que ce soit dans son pitch (le retour de l'idéal en mode rockstar sur les affiches) ou dans certaines de ces scènes (la rencontre au ralenti dans les pétards) contrebalancée par une espèce d'étrange gravité, à la limite du fantastique dans une ambiance ouatée et onirique. Grand film romantique, que j'aurai adoré pouvoir retourner voir (mais manque de temps malheureusement). Et je le préfère infiniment à Senses qui en effet raconte finalement presque la même chose mais avec une légèreté bien plus agréable et moins pesante.

5/6

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